Mode in Textile

Start-up story : l’aventure Tilli

Tilli est une start-up née en 2016 qui propose un service de couturier à domicile. Son histoire a débuté le jour où, Beryl De Labouchère co-dirigeante de Tilli, a eu besoin d’aide pour retoucher une robe ; c’est ainsi qu’elle fit la rencontre d’une étudiante en école de mode qui s’est déplacée à son domicile. Ce moment d’échange, de partage et de conseil est à l’origine de la start-up. De ce pur pragmatisme est né l’avant-gardiste Tilli !

Un pari gagnant puisque Tilli vient de lever 1,2 million d’euros pour son développement, auprès de Cédric Ciré (Webedia) et de ses investisseurs historiques. Avec cette levée de fonds, la start-up parisienne veut entre autres accélérer la croissance de l’activité ” upcycling” et ses services BtoB à destination des marques, qui leur permet de donner une seconde vie à leurs invendus. Tilli apporte une solution innovante et responsable à leurs problématiques de gestion des stocks, en leur permettant de s’inscrire dans l’économie circulaire.

Mercredi dernier, Mode In Textile a eu la chance de s’entretenir avec Beryl De Labouchère. 

Retour sur cet échange inspirant !

Un « service de couturier à domicile » Tilli, en quoi ça consiste exactement ?

Et bien c’est très simple ! Il suffit de prendre rendez-vous sur l’application Tilli en fonction de la prestation souhaitée. Très concrètement, il en existe plusieurs types selon vos besoins :

Tous ces services se réservent sur l’application Tilli. ” Les couturiers Tillistes” se déplacent du lundi au dimanche de 7h à 22h pour permettre au consommateur de profiter de ce service le soir en rentrant du travail ou tranquillement le dimanche sans avoir à se déplacer », nous explique Beryl.

La date de rendu du travail est déterminée lors du rendez-vous, une réalisation durant en moyenne 3 à 5 jours de travail.

 

Tilli, une aventure à dimension humaine

Lors de notre échange, nous avons mentionné l’expression « d’ubérisation de la couture » qui viendrait spontanément à l’esprit pour décrire cette activité. Or, Beryl a tenu à rectifier ce point : « Nous sommes très différents d’Uber dans l’approche que nous avons avec les métiers artisanaux et la proximité que nous avons nos couturiers ». En effet, Tilli permet aux couturiers d’avoir une fluidité dans la gestion de leurs missions tout en les empêchant de cumuler trop de “petits jobs” qui ne correspondent pas toujours à leurs compétences de modélistes stylistes.

Ce système est donc très différent de l’intérim ou d’Uber car les couturiers sont indépendants et gèrent leurs emplois du temps, tout en ayant un contact constant avec Tilli pour leur permettre d’évoluer dans une démarche d’amélioration continue. Un équilibre parfait est recherché entre le nombre de missions et la charge de travail engendrée, tout ça sans jamais obtenir de pénalités. Ainsi, la surcharge mentale est évitée car cela nous les empêchons d’accepter trop de missions.

De la même manière, les prix fixes ont été instaurés par Tilli pour éviter la négociation en rendez-vous et donc la possible d’évaluation de l’activité.

Faire passer le/la couturier(e) de l’ombre à la lumière

Le métier de couturier de quartier a peu évolué depuis 50 ans. C’est le constat qu’a fait Beryl. « La couture était autrefois un métier en backstage, nous ce qu’on veut c’est le remettre sur le devant de la scène ».

En supprimant les intermédiaires, les Tillistes sont en contact direct avec les clients, ce qui répond à leur besoin grandissant d’autonomie et de mobilité. Avec Tilli, les couturiers s’affranchissent de la gestion de la facturation, de leur local, et de l’administratif et peuvent ainsi laisser parler leur créativité au sein de missions variées alliant passion et métier stable.

Initialement lancée sur le segment BtoC, chez les particuliers, Tilli a rapidement été sollicitée par de grandes marques de prêt-à-porter et de décoration, créant une vraie opportunité d’intégrer le service des Tillistes dans le parcours d’achat d’un vêtement au plus près des consommateurs. Et cela répond à une réelle demande de services personnalisés : à l’heure de la digitalisation, il reste nécessaire de recréer du lien, du contact humain entre clients et entreprises, tout en “rééduquant” les consommateurs au soin de leurs vêtements, une attention perdue avec l’arrivée dans les rayons de la fast-fashion.

Selon Beryl, « L’objectif ici est de s’intégrer directement dans le parcours client, soit en ligne soit en boutique, afin de proposer un service qui n’était pas disponible avant. Cela permet aux entreprises de diminuer leurs taux de retour et de rééduquer le client sur le fait que les tailles standards ne peuvent pas être adaptées à toutes les morphologies. Le service de réparation permet de faire durer le vêtement dans le temps ».

Des leviers pour un développement à grande échelle  

Cette collaboration avec les marques constitue un réel levier pour le développement de Tilli avec potentiellement une augmentation considérable des volumes de vente et une communication optimisée. « Aujourd’hui nous sommes présents dans 5 villes en France ; l’idée c’est de se développer dans une dizaine de villes d’ici 2020 et ensuite espérons-le, de pouvoir se développer à l’international grâce aux boutiques et sites e-commerce des marques partenaires de Tilli ».

Une logique économique mais aussi responsable, puisqu’elle s’intègre parfaitement dans les actuelles campagnes de sensibilisation pour une consommation textile plus durable, comme la dernière en date baptisée #RéparonsRéutilisonsRecyclons. Cette campagne à laquelle Tilli a participé a réuni 66 marques de textiles d’habillement, linge de maison et chaussures, pour sensibiliser les consommateurs à la deuxième vie des produits. Un passage quasi obligé pour les marques et distributeurs de textile et d’habillement, soucieuses d’intégrer le type de solutions alternatives que met en place Tilli.

En effet, elles doivent réagir à la très forte pression des associations, des consommateurs ou encore des ONG, et répondre à des enjeux sociétaux, environnementaux, économiques… et depuis peu juridiques. Un projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire a en effet été adopté en France en première lecture en septembre dernier, interdisant notamment aux distributeurs de vêtements de brûler leurs invendus – comme c’était le plus souvent le cas jusqu’à maintenant.

Alors, on ne sait pas ce que vous en pensez, mais chez Mode In Textile nous sommes séduits par Tilli ! Un concept novateur qui allie le digital aux talents des couturiers tout en mettant en avant la dimension humaine de la relation Tilli/Tillistes et Tillistes/consommateurs.

Vous avez de vieux vêtements que vous voulez mettre aux goûts du jour ? Vous voulez réparer votre veste préférée ? N’attendez plus et testez Tilli !

Photos : Tilli – 14/10/19